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 THE LORD OF THE RINGS : THE FELLOWSHIP OF THE RING

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Rass
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MessageSujet: THE LORD OF THE RINGS : THE FELLOWSHIP OF THE RING   Ven 19 Mai à 8:13

THE LORD OF THE RINGS : THE FELLOWSHIP OF THE RING (2001)
Peter Jackson



Se lancer dans l’adaptation cinématographique d’une série, sinon de LA trilogie de bouquins la plus populaire et acclamée du siècle dernier se voulait être une aventure qui relevait tout simplement du masochisme pour le cinéaste qui prendrait la barre d’un tel projet. Il ne faut pas se le cacher, mettre sur pellicule l’imaginaire de J.R.R. Tolkien devait se traduire par rien de moins que la perfection dans l’orchestration de ses moindres détails. Aucune demi-mesure n’était permise vu les attentes extrêmement élevées que le film allait devoir rencontrées et satisfaire auprès des millions de fans de l’univers de la Terre du Milieu et du public en général. Il est d’autant plus évident que des coupures allaient devoir être faites, des passages laissés de côté, des évènements modifiés pour le bien de la cause, car une adaptation cinématographique calquée de l’œuvre de Tolkien est pratiquement impossible à réaliser. La tâche est donc revenue à un réalisateur néo-zélandais peu connu du grand public à l’époque en la personne de Peter Jackson, et on le sait depuis maintenant deux ans: le résultat n’a aucunement déçu.

À moins de s’être terré dans les recoins sombres d’un sous-sol mal éclairé à manger de la nourriture en conserve et à éviter comme la peste la lumière du jour pendant les deux ou même cinquante dernières années, je crois que tout le monde sait désormais de quoi il en retourne quand on parle de Frodo, du petit objet circulaire indestructible en dehors de Mount Doom et de la communauté qui fut créée pour mener à bon terme cette quête classique du bien contre le mal à travers les différents recoins de la Terre du Milieu.

Comme décrit plus haut, il s’agit ici d’une adaptation, soit de la vision d’un réalisateur d’une oeuvre écrite plusieurs décennies auparavant. Il est donc normal que le cinéaste imprègne ce récit d’une empreinte qui lui est propre. Mais faire la critique de l’épopée de Jackson tient désormais de l’inutile. Aucun écrit ne pourra jamais décrire toute la finesse d’une telle oeuvre. Certes, je tenterai de faire de mon mieux en en soulignant les points que je louange le plus en ce qui a trait à ce premier opus d’une trilogie extraordinaire, mais je ne pourrai alors qu’effleurer la question. Tout d’abord, ce qui épate le plus, c’est la précision chirurgicale avec laquelle tous les éléments furent traités aussi infimes soient-ils. Quand on pense que Jackson a dû reprendre certaines scènes une trentaine de fois seulement pour que l’intonation verbale des acteurs soit parfaite à ses yeux, il y a de quoi à se réjouir que le projet ne tomba pas entre les mains d’un réalisateur qui aurait pu transformer l’oeuvre de Tolkien en une immense fresque inutile rappelant les déboires d’un Mummy Returns par exemple. Aucune inquiétude à avoir ici, des petits détails de ce genre, que ce soit au niveau des costumes, des décors majestueux, des accessoires reproduits jusque dans les plus petites gravures elfiques, etc., le film en regorge et c’est ce qui fait de The Fellowship of the Ring un très long métrage épique aussi efficace et en même temps indispensable au cinéma actuel. Difficile de se rappeler à quand remonte le dernier grand chef d’oeuvre qui plut à tous, tout en possédant des qualités réellement indéniables. Bercé par un jeu global des acteurs n'étant rien de moins qu'hallucinant en des termes expressifs et de chimie, toujours dans le bon ton, où ces derniers disparaissent complètement pour laisser une place entière à leur personnage respectif de sorte qu'on oublie les Elijah Wood, Ian McKellen et Viggo Mortensen, et que l'on voit que les Frodo, Gandalf, Aragorn, et par un développement narratif d’une beauté incomparable. C’est bouche bée que nous sommes témoins de ce mariage fabuleux où s'entremêlent admirablement dialogues d’une grande richesse et un visuel à couper le souffle, où pour une fois le CGI ne prit pas une place prédominante à l’écran, mais fut plutôt utilisé qu’en dernier recours.

D’un point de vue technique, que dire de plus pour décrire l’oeuvre que pratiquement parfaite. Il est tout de même étrange que la tâche revint à un réalisateur responsable de plusieurs petits bijoux hilarants de série B tel que Bad Taste, Brain Dead et Meet the Feebles. Mais à en voir le résultat, on est aveuglément porté à croire qu’aucun autre cinéaste n’aurait pu rivaliser avec Peter Jackson. Son travail est stupéfiant à tous les niveaux. On ressent aisément par ce qui se veut être de la véritable poésie à travers ses plans dynamiques et extravagants où le travelling règne en roi, sa dévotion, sa passion pour son oeuvre de telle façon que la magie en est que rehaussée sans cesse. C’est tout simplement un travail colossal bourré d’imagination (dans les deux sens du terme) et relevé d’une audace de plus en plus rare de nos jours auquel nous assistons à ce niveau. De plus, Jackson réussit à bien gérer les effets transitoires entre les diverses atmosphères, parfois très anodines, parfois extrêmement sombres, en en changeant du même coup sa signature visuelle. Dans cet ordre d'idées, beaucoup se joue également par le biais de la photographie et des contrastes de lumières et de couleurs. D’autre part, que seraient ces images sans la musique? Le compositeur Howard Shore sert ici de bras droit à Jackson en livrant une trame sonore mémorable, orchestrée de façon classique tout en réussissant à aller piger dans plusieurs registres d’influences pour en faire une signature musicale se tenant debout aisément d'elle-même.

Bref, Jackson a réussi avec ce premier opus à rassurer énormément de gens en réalisant haut la main un chef d’oeuvre d’une richesse visuelle et lyrique incontournable. Une énorme production épique qui redonne un peu espoir de revoir à l’avenir un niveau de professionnalisme, d’originalité et d’extravagance dans les productions les plus couteuses. Les débuts envoutants d’une saga aux fans conquis d’avance. Justice fut rendue. Tolkien en aurait été fier.


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