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 SILENT HILL

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Rass
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Localisation : Rouyn-Noranda - Planète Terre
Date d'inscription : 18/05/2006

MessageSujet: SILENT HILL   Lun 22 Mai à 0:30

SILENT HILL (2006)
Christophe Gans



Le problème récurrent des adaptations cinématographiques de jeux vidéos est que, jusqu’à maintenant, aucun cinéaste ne tenta d’aller au-delà du nom d’une franchise pour réellement rendre justice à l’œuvre adaptée. Il faut dire que la plupart de ces adaptations, dont les possibilités étaient souvent déjà limitées à la base, furent rarement prises au sérieux par leurs instigateurs. D’emblée, Silent Hill s’annonçait comme l’effort qui allait remettre les pendules à l’heure et enfin nous faire grâce d’une rencontre fructueuse entre deux médiums ordinairement incompatibles. La géniale série de Konami se démarquait déjà au départ de par ses nombreuses références parfaitement assimilées au cinéma de David Lynch et David Cronenberg, ainsi qu’au Jacob’s Ladder d’Adrian Lyne. Bagage substantiel déjà fort complexe en soi, son passage au grand écran ne se fit pas sans quelques accrochages. Deux visions de l’œuvre d’Akira Yamaoka essaient donc de se compléter : celle du réalisateur Christophe Gans, et celle du scénariste Roger Avary. Et comme pour certaines adaptations de roman, il peut être fort utile ici d’avoir jouer aux jeux afin de saisir complètement l’essence du film.

La progression du jeu étant basée sur la résolution d’énigmes et l’errance, il n’est pas étonnant de voir ces éléments occuper une place prédominante au coeur du scénario d’Avary. Nous accompagnons ainsi Rose à l’intérieur de ces lieux peu cléments alors qu’elle tente de retrouver sa fille adoptive, Sharon, nous donnant l’impression de suivre Alice dans un pays des merveilles peuplé de créatures et de personnages tous plus morbides les uns que les autres. Si le film trimbale son personnage principal de gauche à droite en le faisant souvent revenir sur ses pas, la mise en scène de Christophe Gans parvient progressivement à évacuer toute forme de redondance en conférant certaines connotations labyrinthiques au parcours de Rose. La mécanique du film se rapproche également de celle d’un jeu vidéo dans ses mouvements de caméra et dans le cheminement de certaines séquences, en particulier l’introduction d’un immense flash-back en fin de parcours, lequel prend la forme d’une cinématique qui récompenserait d’ordinaire un obstacle franchi avec succès dans un jeu. Autrement, Gans ne se préoccupe aucunement de l’efficacité dramatique de son effort. La mise en scène prime sur les enjeux dramatiques et les personnages, le cinéaste préférant la structure volatile du cauchemar dans lequel il désire nous plonger plutôt que celle d’un film en soi.

Comme le jeu de Konami, le film de Christophe Gans est basé en grande partie sur la création d’atmosphères. Là où bien des films d’horreur tombèrent drastiquement à plat ces dernières années, Gans réussit à recréer avec un doigté phénoménal l’état de stress et d’inconfort auquel la série nous exposait par le biais d’un spectacle visuel et sonore de haut calibre. L’effort réemploie d’ailleurs quelques uns des sublimes élans minimalistes des trames sonores originales pour apporter une dimension un peu plus spectrale au récit. Le cinéaste français ne répète pas non plus les mêmes erreurs que ses confrères et approche la dimension horreur de son effort sans devenir hyperactif, dosant parfaitement autant ses éléments graphiques que ses effets de style. Un contrôle tout de même étonnant de la part du réalisateur qui nous avait offert précédemment l’un peu trop stylisé Pacte des loups. Le temps venu, Gans se concentra aussi beaucoup plus sur les mouvements à l’intérieur de ses plans que ceux de la caméra. Un détail qui, dans ce cas-ci, fait souvent toute la différence, en particulier dans la présentation des diverses créatures se manifestant une fois la noirceur tombée. Malheureusement, toutes ces prouesses sont cependant gâchées à quelques reprises par des dialogues d’un ridicule consommé, faisant reculer d’un pas notre adhérence à certaines séquences.

À l’origine, Silent Hill formait un amalgame fort consistant d’influences purement cinématographiques. Il est donc normal que l’effort de Christophe Gans donne lieu à quelques clichés d’usage étant donné qu’il ramène le chef d’œuvre d’Akira Yamaoka à sa source d’inspiration. D'une part, le film rend hommage au cinéma de David Lynch de par le regard qu’il porte sur l’Amérique, dont le symbolisme et le fanatisme religieux exubérants nous ramène dans le cas présent à certaines problématiques socio-politiques on ne peut plus actuelles, et sur l’importance des émotions au cœur même de l’intrigue et de sa résolution. Gans et Avary tentent à bien des égards de recréer le même type de casse-tête cinématographique, mais à l’intérieur d’un monde nous ramenant de plein front à la viscéralité de l’univers de David Cronenberg. Les décors aussi grotesques que spectaculaires de Silent Hill sont d’ailleurs le fruit du travail de Carol Spier, qui signa par le passé ceux d'eXistenZ, Naked Lunch et Videodrome pour ne nommer que ceux-ci.

Christophe Gans nous livre ainsi une incursion réussie à l’intérieur de l’univers d’un jeu vidéo qui, à lui seul, mériterait de figurer parmi les meilleurs films d’horreur produits ces dernières années. Incursion, puisque cet apercu de film remarquable nous laisse sur notre apétit. Les sources d’inspiration aussi diversifiées qu’implacables du cinéaste français, allant du manga japonais aux vieux films de Roman Polanski, lui permirent d'élever le genre à un niveau que l’on n’avait pas vu depuis longtemps. Les citations sont nombreuses, certes, mais Silent Hill apparaît malgré tout comme une entité complètement à part des autres. Gans nous ramène finalement à un cinéma réellement d’horreur et non simplement de terreur. Évidemment, Silent Hill est loin d’être un film parfait. Si Gans et son équipe technique s’en sortent indemnes grâce à une facture visuelle impeccable en tous points, celle-ci ne rattrape pas toujours les fautes du scénario d’un Roger Avary visiblement perdu entre les deux médiums qu’il tente de croiser. Du coup, l’adhésion au résultat final ne se fait pas sans certaines concessions, en particulier face à la structure d'un récit qui en déstabilisera plus d'un. Le scénario déficiant en font un film mauvais mais qui avait le potentiel d'un chef d'oeuvre, Gans ayant retrouvé la définition parfait du mot horreur. Un film moyen, mais terriblement décevant, qui se mérite un qualificatif final de mauvais.


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MessageSujet: Re: SILENT HILL   Dim 9 Juil à 23:31

Humm,mauvais? ont m'a dit qu'il etait mieux adapter que les residents evil (par exemple).J'ai quand meme hate de le voir,je comprend pas pourquoi c'est une femme par contre,SIlent hill (le 1 en tout cas) etait un homme!

j'ai adore SH1.
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SILENT HILL
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