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 MONONC' SERGE - Serge blanc d'Amérique

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Localisation : Rouyn-Noranda - Planète Terre
Date d'inscription : 18/05/2006

MessageSujet: MONONC' SERGE - Serge blanc d'Amérique   Mer 24 Mai à 16:49

MONONC' SERGE
Serge blanc d'Amérique
Indépendant/DEP
2006




Pistes

01 requiem pour la marde
02 je chante pour les morons
03 hitler robert
04 rien
05 bacaisse
06 fred
07 frustré
08 le lac saint-jean
09 noël est un jour comme les autres
10 les bed and breakfasts
11 fédéraliste


7 sur 10 - Très bon


Cachez votre bien pensante tante Gisèle dans un garde-robe car Mononc’ Serge est de retour en grande forme et le verbe coloré (surtout brun). L’oncle nous offre un Serge blanc d’Amérique décapant qui ne réinvente certainement pas la roue mais qui plaira indéniablement aux amateurs du personnage.

Ceux qui craignaient de voir un Serge dilué en raison de l’histoire selon laquelle il aurait changé le titre de son album, originellement supposé être intitulé Requiem pour la marde, pour satisfaire les médias apeurés peuvent se rassurer. L’album est tout aussi mordant que son titre de remplacement. Non, l’oncle ne s’est guère assagi et propose le même type de franc-parler qui a fait sa célébrité. Il en étonnera cependant plusieurs par la qualité des compositions que contient Serge blanc d’Amérique, dépassant aisément la complexité de son savoureux matériel antérieur.

D’abord, la pièce qui devait donner son nom à l’album : Requiem pour la marde. La première constatation est que Serge Robert a beaucoup appris de sa collaboration avec Anonymus et a fait de la grosse guitare grasse un outil régulier. D’ailleurs, devinez qui la joue, cette grosse guitare? Un gros «high-five» pour ceux qui ont répondu «Olivier Langevin» et qui ont adhéré à la théorie du complot. Mais ce qui marque, c’est la qualité mélodique de la chanson, qui contient même du clavier Rhodes. La pièce prends sa place au sein des chansons intéressantes musicalement de Mononc’ Serge, auprès de classiques comme West Edmonton Mall.

Mononc’ ne perd pas de son aplomb en abordant la très rapcore Je chante pour les morons, dont les sonorités inspirées du précédemment nommé courant musical ennuyant appuient parfaitement le propos de l’auteur, qui se moque de son auditoire. Le tout devient cependant rapidement répétitif. Heureusement, le bassiste reprend avec une chanson qui aurait aussi bien pu se retrouver sur l’Académie du massacre. Si votre copine s’appelle Marie-Lune, ne lui suggérez pas cette chanson dans laquelle Mononc’ exprime son exaspération face aux granolas et aux noms hippies dont ils affublent leur progéniture en affirmant son désir de nommer son fils Hitler Robert.

C’est alors qu’un moment déroutant survient : une chanson sérieuse? Oui, l’oncle vient nous toucher avec Rien, une ballade sur le vide existenciel qui nous saisit tous, au moins momentanément. Serait-ce un présage pour l’avenir? L’oncle prouve certainement qu’il est capable de nous surprendre. Mais puisque Mononc’ Serge ne fait pas de la musique de lopettes, il revient à l’attaque avec Bacaisse, une charmante chanson qui intellectualise avec subtilité le retour de balancier de la préférence sexuelle qui fait que l’on convoite aujourd’hui la femme mince au détriment de la volumineuse. Ceux qui ont voué un culte à la chanson Fourrer seront comme des poissons dans l'eau. Mais pas celle du Saint-Laurent.
Mononc’ poursuit avec Fred, dont le texte avait été momentanément disponible sur son site web il y a quelques mois. La pièce raconte la terrible rencontre entre Serge et Fred Fortin lorsque ce dernier réalise que notre oncle favori avait téléchargé la totalité de son dernier album «drette-frette d’internet». PDG de magasins de disques et mélomanes croyant encore que Stefie Shock réfléchit plus loin que le bout de son nez haut perché, détournez l’oreille face à ce plaidoyer sur le plaisir du téléchargement méchant, cruel et surtout illégal.

S’ensuit Frusté, dans laquelle Serge Robert parle de la condition de la femme par rapport à la matérialisation de son image dans les médias. Peut-être pas la meilleure de l’artiste. Les amateurs ne sont pas surpris par Le lac Saint-Jean, mais ils s’en satisferont, l’air béat. Une chanson typiquement mononc’ qui affirme haut et fort qu’ «éradiquer la faim sur la Terre peut sembler une chose difficile à faire , mais ce serait tout de même un jeu d’enfant, une bagatelle comparativement à enrayer la soif au lac Saint-Jean». Il profite aussi de l’occasion pour nous parler de la faim dans le monde d’une métalleuse manière sur Noël est un jour comme les autres. Celle-ci n’est pas particulièrement mémorable non plus, mais le tout demeure tout de même sympathique.

Les bed and breakfasts ramène toutefois Mononc’ sur la bonne voie du péché alors que le personnage se décharge de sa haine envers ces endroits pitoyables qui empêchent les chanteurs de revenir trop tard avec «une groupie ou trois-quatre métalleux ben saouls». L’album arrive finalement à sa glorieuse conclusion, la cathartique Fédéraliste. Ma pièce-maîtresse de l’album, Fédéraliste est le cri du coeur de Mononc’ qui décrit la beauté incontestable du Canada, de ses belles valeurs, de ses castors et des buts de Wayne Gretzky avant de sombrer dans l’ultime démence face à ses propres idées séparatistes inexplicables. Sa descente aux enfers est un moment plus grand que nature. Mais ce n’est pas vraiment terminé! Mononc’ nous réserve en surprise la chanson qu’il avait composée dans un élan de folle inspiration après avoir vu les fameuses pancartes de Josélito Michaud le long d’une autoroute montréalaise. Prévoyons que la chanson ne sera pas au programme lorsque le langoureux Josélito lancera son tout nouveau bouquin...

Somme toute, Mononc’ Serge est fidèle à Mononc’ Serge. Ceux qui n’appréciaient pas le personnage ne porteront guère attention à Serge blanc d’Amérique et retourneront à leurs vieux albums d’Helmut Lotti. Les amateurs, quant à eux, ne seront pas surpris par l’album, qui poursuit dans la même veine que Mon voyage au Canada. Ils trouveront cependant leur compte dans cette galette veloutée qui tente tant bien que mal d’instaurer un chaleureux contrepoids à la bêtise de Julie Snyder et à la peur maladive de la prise de position claire qui submerge le Québec.
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